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Traiter l’eczéma par l’eau !
Interview avec Didier Guerrero, Conseiller Scientifique de la Station Thermale d’Avène
 

En 30 ans, la dermatite atopique a triplé dans les pays industrialisés. Aujourd’hui, la maladie touche 1 à 3 % de la population. Pollution, hyper-hygiénisation, expositions aux allergènes qu’ils soient dans l’air ou dans l’alimentation… Tout, ou presque, peut provoquer aujourd’hui des allergies dermatologiques ou respiratoires. Alors, qu’en est-il de la dermatite atopique, communément appelée eczéma ? En quoi une cure thermale peut-elle apporter des bénéfices aux affections de la peau. Réponses avec Didier Guerrero, Conseiller scientifique de la station thermale d’Avène et de la marque Avène

 

 

 

 

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Interview avec Didier Guerrero, Conseiller Scientifique de la Station Thermale d’Avène


Qu’est-ce qu’un centre thermal ?

C’est un lieu où les patients vont venir effectuer des soins, une cure, mais pas au sens curatif, traitement qui guérit, mais en terme de période de soins. Les cures, ici comme ailleurs, durent 3 semaines puisque la législation française prévoit des périodes de trois semaines en termes de remboursement. Et ces soins vont être fait dans un établissement où le vecteur principal de l’amélioration doit être apporté par l’eau thermale.

Atelier hygiène
Docteur Didier Guerrero

La cure thermale est-elle remboursée ?

Elle est prise en charge par la Sécurité sociale dans la mesure où un médecin qui prescrit le traitement dans une indication thérapeutique particulière et vers la station qui correspond à cette indication. Si, par exemple, un dermatologue a devant lui une personne qui souffre d’eczéma ou de psoriasis, que les médicaments habituels ont du mal à équilibrer cette dermatose, il va prescrire une cure thermale de 3 semaines en précisant bien qu’il adresse le patient dans une station qui a l’agrément pour soigner.

Quelqu’un qui n’a pas de prescription médicale peut malgré tout venir en cure ?

Toute personne peut venir en cure sous réserve, premièrement qu’il ait une pathologie qui corresponde au savoir faire de la station, et bien évidemment, deuxièment, en étant conscient qu’il n’y aura pas de remboursement.


Atelier hygiène


Qui vient au centre thermal ?

Pour 45 % environ, ce sont des eczémas, ou dermatites atopiques, et essentiellement des enfants. 40 à 42 % sont représentés par le psoriasis. Ensuite, nous avons des gens atteints de prurits chroniques. Une pathologie dans laquelle le symptôme le plus gênant est une démangeaison permanente et invalidante. Et enfin, le dernier grand groupe, ce sont les troubles de la cicatrisation, et en particulier des cicatrices inflammatoires, hypertrophiques, ces cicatrices épaisses que l’on voit après, par exemple, une brûlure étendue et que l’on va essayer d’assouplir, de calmer, d’apaiser, pour leur redonner un relief normal. Ce sont donc, pour la plupart, des maladies chroniques et pour lesquelles il n’existe pas de traitement radical. Les médicaments améliorent le traitement, mais ne permettent pas une guérison totale. Les curistes sont  des gens qui sont en échec thérapeutique ou en insuffisance de résultat. Ils viennent pour tenter d’améliorer leur traitement.

Et au niveau tranche d’âge ?

Nous accueillons aussi bien des nourrissons que des personnes âgées. Avec des pics de fréquentations élevés pour les tout-petits dans les indications de dermatites atopiques et une population plus adulte et souvent adulte âgée dans les psoriasis.

Y a-t-il des restrictions médicales pour les personnes âgées ?

On pose effectivement des restrictions médicales pour les gens qui auraient, par exemple, du mal à supporter un bain prolongé pour des raisons cardio-vasculatoires. Ou qui seraient susceptibles de faire un malaise dans une baignoire pour des problèmes de pertes de conscience. La plus grande restriction restant, bien sûr, les gens qui ont du mal à s’adapter à une collectivité.

On parle beaucoup de maladies chroniques. Qu’est-ce qu’une maladie chronique ?

Chronique, c’est en opposition à aigüe. C’est-à-dire que c’est une maladie que vous ne pouvez pas espérer guérir avec un traitement de quelques jours ou quelques semaines. Et que cette maladie n’a pas de traitement qui va arrêter définitivement le problème. Il faudra suivre les fluctuations de la maladie. Et il y aura, soit un espoir de guérison à long terme, soit un espoir de stabilisation ou d’amélioration.

Qu’est-ce qu’une peau atopique ?

C’est une peau qui est trop sèche (manque d’eau et de graisse), trop réactive (elle va réagir de manière excessive en cas d'irritation) et une peau dont la barrière (c’est-à-dire ce qui crée une frontière entre notre intérieur et notre extérieur) n’a pas les qualités requises pour bien nous protéger. Et donc ,à partir de là, cette peau va avoir tendance à s’irriter, à se dessécher, à s’infecter et va être la source de manifestations irritatives sous forme d’eczéma. On parlera également de dermatite atopique.


Atelier hygiène

Comment la traiter ?

Principalement par une bonne hygiène et une bonne hydratation. Pour certains, la prise de médicaments sous forme de corticoïdes, sera indispensable. Mais, il faut savoir appliquer certaines règles de vie, que l’on prenne un traitement ou pas. À Avène, nous expliquons tout ceci dans un atelier Hygiène et Hydratation.

Est-ce qu’un enfant qui développe très tôt un eczéma peut le voir disparaître ou est-ce à vie ?

Dans une grande majorité des cas, c’est quelque chose qui va disparaître dans la mesure où l’enfant ne fera plus de crises. C’est-à-dire que ces poussées inflammatoires où l’enfant est très rouge, où il se gratte, où il ressent vraiment un inconfort, on va les voir s’atténuer voire disparaître. Avec deux périodes de la vie où cette disparition est plutôt marquée. D’abord vers deux ou trois ans, où il y a déjà une forte propension d’enfants qui arrête de faire des poussées. Ensuite à la puberté. On notera 20 à 30 % d’adultes qui vont faire des poussées. Quand il n’y a plus de poussées, on garde une peau sèche et un potentiel de peau sensible. Donc, au-delà de la période où l’eczéma aura été vraiment actif, il va falloir toute sa vie essayer de faire en sorte que cette peau soit lavée, hydratée avec des produits qui soient parfaitement tolérés afin de renforcer sa barrière de protection.

Comment évolue un eczéma atopique ?

On entend parfois que les parents raconter "qu’on leur a dit que" soigner un eczéma pouvait entraîner le développement d’asthme chez leur enfant. Mais la réalité est toute autre. Un eczéma atopique signifie que l’enfant est porteur d’un terrain atopique, autrement dit propice à certaines affections. Un eczéma soigné ne provoque pas d’asthme. Par contre, un enfant atteint d’eczéma atopique et qui est soigné peut très bien par la suite développer un autre type de pathologie, comme l’asthme.

Quel est le facteur génétique ?

Avant d’aborder la question de la génétique, il est important de rappeler que l’eczéma n’est pas contagieux. Cependant, il peut effectivement avoir des causes génétiques et se transmettre de génération en génération. Ainsi, un enfant naissant dans un couple où aucun terrain atopique n’a été noté n’aura que 5 % de chances de développer la maladie. Au contraire, avec des antécédents génétique, il aura 25 à 50 % de chances (selon si un ou deux parents sont atteints) de la développer.

Quand on pense cure thermale, on pense surtout aux problèmes de peau. Mais vous traitez également des affections respiratoires, des allergies et même le pipi au lit ?

Ici, nous avons une station spécifiquement dédiée à la dermatologie et à la dermatologie couplée avec les maladies des muqueuses buccales. Ce qu’on appelle les AMP, affections de la muqueuse bucco-linguale, qui sont des maladies assez rares, comme le lichen. Mais Avène est strictement dédié à la dermatologie. Par contre, vous avez en France des stations thermales qui traitent plusieurs affections, avec agrément du Ministère de la Santé, et certaines stations font de la rhumatologie, de l’oto-rhino-laryngologie… Mais ici, à Avène, et dans la 2ème grande station thermale de France qui est La Roche Posay, nous faisons uniquement de la dermatologie.

Comment se déroule une cure ?

Les cures durent donc trois semaines (même si on pourrait envisager parfois, pour les eczémas, des cures de deux semaines puisqu’on a constaté de bons résultats dans ce délai). Pendant ces trois semaines, les patients reçoivent des soins quotidiens, sauf le dimanche, ce qui fait donc 18 jours de soins effectifs. Ils sont reçus à l’arrivée par le médecin qui va les suivre et fait un point de leur état de santé et si possible récupère le dossier médical de celui qui a prescrit la cure. Ce médecin va décider des modalités de consultation et de traitement. Qui en règle générale à Avène, va comporter un bain quotidien à remous. Puis en principe des douches et pulvérisations également quotidiennes. Ensuite, en fonction de la pathologie, de sa localisation, de l’âge de l’enfant, ça peut être des pulvérisations localisées, des traitements du cuir chevelu avec une douche capillaire haute pression, une douche à très haute pression faite par le médecin lui-même qui va permettre de décaper des cas de psoriasis épais. Il y aura également des massages, des massages sous l’eau. Tout ça va être adapté au jour le jour par le médecin. En principe, les soins sont quotidiens.

Atelier hygiène


Au niveau de l’accueil de l’enfant, vient-il seul ?

Non. Nous avons fait le choix délibéré de ne pas accueillir l’enfant seul. Nous souhaitons que les parents soient présents pendant la cure pour justement travailler avec eux dans la gestion de la maladie de leur enfant et les faire participer à l’éducation thérapeutique, à la santé.

Les cures durent trois semaines et il faut se loger. Financièrement, c’est lourd. Qu’est-ce qui est pris en charge par la sécurité sociale ?

Ce qui est pris en charge par la Sécurité sociale sans considération de ressource, c’est le coût des soins et les consultations médicales. Mais le transport, le logement et les repas sont à la charge du patient ou de ses parents. Parfois, sous condition de ressource, il y a une petite part qui peut être prise en charge par des organismes sociaux. Le thermalisme a ceci de particulier qu’il y a un investissement de la personne. Il y a un choix délibéré de dire « je vais dans une station thermale », c’est trois semaines de temps et de l’argent que je dois investir.

Ça veut donc dire que les gens qui n’ont vraiment pas les moyens financiers ne peuvent pas faire ces cures ?

C’est un point sensible effectivement. Cela dit, il y a plusieurs niveaux d’hébergement. L’hébergement dans un meublé sera bien moins cher qu’un hôtel trois étoiles. Mais quelque soit le niveau d’hébergement que vous choisirez, il y aura de toute façon une participation financière à mettre de votre poche. Et entre l’éloignement géographique et le coût sur place, nous sommes bien conscients que, pour beaucoup de gens, c’est un point assez bloquant.

En fait-on plusieurs ?

On peut faire des cures si elles sont efficaces et si le résultat est incomplet. Nous avons des personnes qui vont venir en cure et pour qui le traitement fonctionne si bien que l’année d’après, elles n’ont plus rien. Si par contre, on a une amélioration partielle, on fait une deuxième cure et l’effet va se renforcer ainsi de suite. Il n’y a pas de contre-indications à faire plusieurs cures si ce ne sont les remboursements de sécurité sociale. Les patients ont le droit à une cure annuelle, sauf les grands brûlés qui peuvent en faire deux par an, pour assurer une meilleure cicatrisation des plaies.

Y a-t-il un aspect psychologique dans la cure ?

Bien sûr et il est important, puisque toutes ces maladies sont des terrains génétiques et des facteurs aggravants dont l’aspect psychologique. Les bénéfices de la cure prennent en compte l’eau, les techniques de cure, le repos, la détente, le climat, l’éducation à la santé, le caractère sympathique du personnel et tout ça va procéder au résultat. On parle « d’ effet cure ».

Quand voit-on les résultats d’une cure ?

Dans le cas de l’eczéma, on commence à voir des résultats intéressants dès la deuxième semaine. Les résultats se calculent pour l’eczéma grâce au SCORAD (ScoRing Atopic Dermatitis) qui prend en compte l’intensité des signes cliniques tels que l’érythème, l’œdème, le suintement, l’excoriation et la lichénification sur une période de 21 jours (3 semaines). De leur côté, les patients noteront la diminution du prurit –démangeaison- et des insomnies. D’une manière générale, on a démontré qu’entre le début et la fin de la cure, le SCORAD moyen diminue de 45 à 50 %. La sévérité du prurit a diminué de 34 à 38 % et l’insomnie s’améliore jusqu’à 74 %. En ce qui concerne le psoriasis, l’amélioration se calcule grâce au PASI (Psoriasis Area and Severity Index). Là aussi, les résultats sont visibles de façon significative entre le début et la fin de la cure, puisqu’on note jusqu’à 62 % d’amélioration.

Affections respiratoires chroniques ? Qu’est-ce que signifie chronique ?

Asthme 1er symptôme que l’on traite en cure. Généralement liée à une allergie respiratoire. Mais le pollen, les graminées, les poils d’animaux et les acariens (ce qui constitue la poussière de la maison) peuvent également être incriminés. A l’asthme vient souvent se greffer une autre affection, comme l’otite. Du coup, la cure doit intervenir sur deux aspects : l’aspect allergique et l’aspect infectieux. Bronchites asthmatiformes Rhinites Sinusites Otites Trachéites Bronchites chroniques 2ème affection respiratoire la plus courante traitée en cure. On les traite par des lavages, des inhalations ou des irrigations en fonction de la zone à traiter.

Les maladies dermatologiques sont provoquées par une altération de la barrière cutanée. Qu’est-ce que cela signifie ?

Simplement que la peau manque de deux choses essentielles : de lipides (le gras) sur la surface cutanée, présents sous formes, par exemple, d’acides gras essentiels, et d’eau. C’est en fait une réaction en chaine : le peau qui manque de gras, ce même gras qui permet la perméabilité de la peau, et donc de garder l’eau dans le corps, n’est pas suffisant. Et provoque une perte considérable en eau, ce qui induit une peau très sèche et une desquamation importante (la peau « pèle »). Ainsi affectée, la peau, dont la perméabilité n’est pas suffisante, n’est plus non plus protégée des agressions extérieures, comme du pollen ou de la pollution. Agressé, l’épiderme réagit par poussées inflammatoires récidivantes, puisqu’il ne possède plus de barrière cutanée.

Une future mère peut-elle faire quelque chose durant sa grossesse pour minimiser les risques d’eczéma de son futur enfant ?

Non. À l’heure actuelle, rien ne semble être efficace à ce niveau. Par contre, la cigarette semblerait être un facteur prédisposant aux peaux atopiques.

 

Les cures thermales en France sont nombreuses. Pour connaître les adresses ou tout savoir sur le thermalisme, rendez-vous sur http://www.france-thermale.org/traitement.php3.

 

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