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Interview de Jean-Dominique Laporte, président de l’Association Médecins de Montagne
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Pourquoi les médecins de montagne se sont-ils regroupés au sein d’une association ? Vous sentez-vous différent des autres médecins ?
Effectivement, cela n’a rien à voir. L’essentiel de notre activité, notamment en hiver, porte sur des urgences médicales, de la radiologie et de la traumatologie, alors que les autres médecins sont beaucoup moins concernés par ces pans de notre métier.
Quels sont les objectifs de votre association ?
Médecins de montagne est une association née en 1953 qui a deux objectifs majeurs. Tout d’abord, la formation médicale initiale et continue. Un médecin se doit d’être au courant des nouvelles techniques, comme, par exemple, celles dédiées à la rééducation en cas de luxation d’une épaule. Il est vrai que les médecins de montagnes, plus que leurs confrères généralistes de la plaine, de part leurs activités spécifiques, sont davantage concernés par ce type d’avancée de la science au niveau médical. Notre deuxième objectif concerne la prévention des accidents. Nous avons ainsi créé une base de données chargée de recenser les blessures que nous traitons et d’identifier leurs causes (absence de port du casque, non respect de la législation, problème dans le réglage des fixations de ski, etc.). Tout cela pour nous permettre de bien maîtriser les risques liés à la montagne et de prévenir, le cas échéant, les personnes concernées.
Justement, selon vous, la montagne et la grossesse sont-elles compatibles ?
Oui ! Heureusement pour les futures mamans habitant dans les stations de sport d’hiver, elles ne doivent pas descendre à la plaine dès le début de leur grossesse ! Le risque réel, dû à une baisse d’oxygène dans l’air, provient à des altitudes supérieures à 3500 mètres. Toutes les femmes en bonne santé, y compris celles qui n’habitent pas à la montagne, peuvent, enceintes, aller à la montagne. On ne peut pas en dire autant des femmes vivant une grossesse à risque ou encore des femmes enceintes sujettes au diabète ou à de l’hypertension.
Que faire si l’on est obligé d’accoucher à la montagne ?
Tout d’abord, les médecins de montagne sont tout à fait rodés pour ce genre d’urgence. Ensuite, les stations françaises ne sont jamais très éloignées d’un centre médical possédant le matériel nécessaire pour accoucher, ou d’une maternité. Cela dit, nous ne souhaitons pas que des femmes de la plaine, à huit jours de leur terme, décident de faire un séjour dans nos belles stations. Pour les femmes habitant en altitude, nous leur conseillons, à l’approche du terme, de se rapprocher de la plaine, notamment quand les conditions climatiques sont très mauvaises. Dans tous les cas, il est indispensable de ne jamais se séparer de son dossier médical.
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Un nouveau né est-il en mesure de supporter l’altitude ?
Un nouveau né peut aller à la montagne, s’il s’agit d’une altitude raisonnable. Attention cependant si votre enfant a le nez encombré. La variation brutale d’altitude lorsque l’enfant est enrhumé entraîne très souvent des otites car il est dans l’incapacité de décompresser. Pour le reste, aucune contre-indication médicale. Mais il faut savoir qu’un enfant est beaucoup plus sensible à l’altitude qu’un adulte. Autrement dit, il y a des chances par exemple, qu’il ne dorme pas aussi bien ici qu’en plaine. En fait, le vrai souci n’est pas tant la montagne que le comportement des parents. Certains papas et mamans, non raisonnables, mettent ainsi un enfant en bas âge au froid alors qu’il n’est pas en mesure de se défendre. A titre d’exemple, il n’est pas rare de voir un enfant porté sur le dos d’un de ses parents. Les petits ont les jambes pendantes ce qui peut entraîner sur la durée une compression de la circulation du sang. Qui plus est, le froid peut provoquer très rapidement des gelures aux membres inférieurs. Et que dire également des chutes qui risquent de provoquer chez l’enfant immobile placé sur son dos, des lésions.
Quels sont les bienfaits de la montagne pour les enfants ?
L’air ici est pur. Ce qui veut dire que la pollution et les allergies sont rares. Il s’agit donc pour un enfant de profiter d’un moment paisible et sain.
Finalement, quel est l’âge idéal pour aller à la montagne ?
L’essentiel, c’est que les enfants s’amusent dans les stations. Il ne faut pas forcer un jeune qui aime la luge et lancer des boules de neige à faire du ski. Il aura largement le temps de découvrir les plaisirs de la glisse et de la vitesse. Il n’y a pas d’âge idéal, cela dépend de la volonté et du développement des enfants. Dernier point, les parents, même les meilleurs skieurs du monde, ne sont pas toujours de bons pédagogues… Les écoles de ski ont cette vertu et tout est fait pour sécuriser les enfants et bien les encadrer dans leurs premiers pas sur des skis.
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