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Ces enfants que l’on fait grandir trop vite…
Interview de Sonia Tabbakh, psychologue…
 
Chaque enfant va à son rythme, c’est un fait. Les bébés marchent parfois à 9 mois, parfois à 18 mois. Ont-ils un problème pour autant ? Faut-il forcer les choses ? Et qu’en est-il de ceux que l’on pousse à aller toujours plus loin ou qu’on laisse évoluer à vitesse grand V ? Est-ce bon pour leur développement ? Quelles seront les conséquences à l’âge adulte d’une enfance durant laquelle on leur fait brûler les étapes ? Les réponses avec Sonia Tabbakh, psychologue.
 

 


 

 Interview de Sonia Tabbakh


     
 

Interview de Sonia Tabbakh

 

Ces enfants que l’on fait grandir trop vite…
© IStock

 

On parle toujours d’ « étapes du développement de l’enfant ». Qu’est-ce que cela signifie concrètement ?

Le développement d’un enfant se fait en plusieurs étapes, les acquisitions telles que la station assise, la marche, le langage et la propreté se font de manière progressive et varient selon chaque enfant même si elles sont approximativement dans les mêmes créneaux d’âge. Elles correspondent à son développement cérébral mais aussi physique…

Quelles sont selon vous les grandes étapes du développement de l’enfant ?

Entre la naissance et 6 mois, l’enfant va établir ses premiers liens d’attachement, il entre en relation par le biais du regard, du sourire et des gazouilles. Il va pouvoir se retourner sur le ventre, attraper des objets, sa motricité et sa tonicité le lui permettent.

Vers 6 mois, il va commencer à tenir la station assise et affine sa motricité.

Autour d’un an, certains enfants acquièrent la marche, d’autre en sont à la station debout. Selon la tonicité, la motricité, la stimulation de l’environnement, et la personnalité de l’enfant, la marche se fait entre 10 et 15 mois…là encore l’âge varie. Il n’est pas inquiétant que certains marchent plus tôt que d’autres ! Le langage commence à intervenir au même moment, plus ou moins précocement encore une fois selon les enfants.

Doit-on s’adapter à ses enfants ou faire en sorte que nos enfants s’adaptent à nous et notre rythme de vie, notamment pour des tout-petits ?

Les enfants et surtout entre 0 et 24 mois, restent très dépendants de leur environnement et cette phase constitue un moment essentiel dans la construction de l’identité et de la sécurité nécessaire à chacun. La phase d’autonomie qui succède va aussi dépendre de la qualité des liens tissés avec l’entourage, notamment les parents. Un lien d’attachement sécure est primordial pour la construction narcissique d’un enfant et dans sa relation aux autres plus tard. Aussi, il est important de respecter et suivre le rythme et les besoins de l’enfant. Ce qui n’exclut pas la stimulation, ce qui se fait souvent dans la relation entre l’enfant et les adultes, mais aussi avec ses pairs (notamment la fratrie) par le biais du jeu.

Certains parents ont tendance à faire grandir leurs enfants trop vite, en retirant avant l’heure le siège auto, en les responsabilisant, en leur offrant des jeux de grands, en leur laissant regarder des programmes télé non adaptés. Jusqu’où peut-on pousser les choses dans ce mode de fonctionnement ?

Il me semble important de distinguer ce qui est dangereux de ce qui n’est pas adapté… Il est certain que le siège-auto est imposé par la loi et que son utilisation est régi par des questions d’âge et de poids. Mais ce n’est pas pour rien qu’il a été imposé. Quand on sait ce qu’un choc à 30 km/h peut engendrer sur un enfant non attaché, l’utilisation du siège-auto paraît effectivement plus que sensée, même s’il y a encore finalement « peu » de temps, il n’était pas obligatoire. Mais notre société évolue en permanence. Que ce soit pour des questions de sécurité ou d’environnement. Nous sommes aujourd’hui à l’ère du net, des jeux vidéo, et des réseaux sociaux… Difficile de suivre, pour nous parents qui n’avons pas connu cela ! Trouver la bonne justesse entre suivre l’évolution sociale et les principes d’éducation souhaités est souvent un vrai casse-tête. Mais je crois qu’il y a une chose à ne pas perdre de vue, c’est qu’il faut encadrer l’enfant. Dans ses premiers pas vers le jeu vidéo, vers l’ordinateur… Ne serait-ce que pour le protéger d’images qui ne sont clairement pas faites pour lui !

Ne pas faire grandir trop vite signifie surtout leur permettre d'avoir une vie d’enfant. S’il ne faut pas « parentifier », nous pouvons malgré tout leur laisser libre accès à l’apprentissage de l’autonomie. Mettre la table, même chez un petit de deux ans, à partir du moment où l’enfant ne risque pas de se blesser, est un premier pas vers l’autonomie. Mais, par contre, il n’est pas question de laisser les enfants livrés à eux-mêmes ni de les laisser gérer les histoires d’adultes. Les préserver, c’est leur offrir un cadre protecteur et stimulant mais surtout aimant !

 

Ces enfants que l’on fait grandir trop vite…
© IStock

 

Quelles sont les limites à poser chez l’enfant –et dans ce cas chez le parent- ?

Les limites sont celles de chaque parent, les règles d’éducation dépendent de ce que chacun souhaite transmettre à son enfant… Il est important de se rappeler que les besoins de l’enfant ne sont pas forcément ses désirs ni ceux des adultes.

Il est probable qu’un enfant de 6 ans sera terrifié par un programme TV adapté à un enfant de 10 ans… Respecter leur rythme, c’est aussi être vigilant non seulement à un programme TV adapté mais aussi à la réaction de l’enfant (cauchemars, peurs…). Tous les enfants ne réagissent pas de la même manière devant le même programme, même s’ils ont le même âge. Toutefois, même si certains enfants sont plus « braves » que d’autres devant Harry Potter ou Twilight, il convient de vérifier la signalétique jeunesse imposé par le CSA –Conseil supérieur de l’audiovisuel, www.csa.fr-. Si un programme est « interdit aux moins de… » ou « déconseillé aux moins de… », c’est que des spécialistes ont estimé l’impact de l’émission ou du film néfaste aux enfants plus jeunes. Maintenant, il est évident que c’est à l’adulte de poser la limite là où un enfant ne la connaît pas et n’est pas en mesure de la poser pour lui-même… C’est aussi ça être un parent protecteur et sécurisant.

 

Ces enfants que l’on fait grandir trop vite…
© IStock

 

Quelles sont les conséquences sur l’avenir de ce type de comportement ? Quels sont les risques à l’adolescence pour un enfant qui vit à 6 ans comme s’il en avait 8 ou 9 par exemple ?

Un enfant qui grandit trop vite, c’est parfois un enfant hypermature en apparence mais souvent immature affectivement. Dans le développement de l’enfant, une bonne harmonie des deux est importante… L’un peut parfois être en décalage avec l’autre et, du coup, créer des difficultés affectives notamment pour l’enfant et même sur le long terme.

Mais un enfant que l’on fait grandir trop vite est aussi parfois un enfant qui manque « d’insouciance », pris dans des préoccupations d’adultes, ou encore un enfant exposé à un monde qui n’est pas adapté à son stade de développement.

Les petites filles ont toujours aimé s’habiller en talon et mettre le maquillage de maman… Ce comportement fait partie de l’enfance et des étapes du développement et notamment de leur besoin d’identification. Mais, à la condition que cela se fasse à la maison et dans le jeu. Laisser une petite fille sortir habillée comme sa maman et maquillée comme une adulte dans la rue dépasse les limites de l’enfance.

 

Ces enfants que l’on fait grandir trop vite…
© IStock

 

Quels sont les dangers immédiats de certains comportements (la télé par exemple) ?

Je ne sais pas si l’on peut parler de danger… On peut toutefois s’interroger sur les risques de laisser un enfant en permanence devant la Télé avec des programmes inadaptés à son âge. Cela risquerait de le couper des relations aux autres (adultes et pairs) et de l’empêcher de développer son imaginaire et sa créativité. La symbolisation par le jeu permet aux enfants d’élaborer les différents éléments conflictuels rencontrés dans sa vie d’enfant et ainsi évoluer de manière positive.

Côté parents, qu’est-ce qui peut pousser ces derniers à faire ainsi grandir leurs enfants ?

Difficile de répondre de manière générique… La question pour chaque parent est « qu’est-ce que je veux transmettre à mon enfant, quelles valeurs… ? » et quels sont les désirs que l’on a pour son enfant qui reste le prolongement de soi en quelque sorte. Cela dépend aussi de l’enfant que l’on a été, de celui que l’on aurait aimé être et de ce que l’on reporte sur son enfant dans les idéalisations et les frustrations passées… Répondre à tous les cas serait interminable et très complexe. Mais on peut par exemple parler des parents qui font grandir leurs enfants trop vite parce que ça les arrange. Retirer le siège auto de la voiture, c’est un gain de place et financier. Leur faire manquer l’école pour partir en vacances sans avoir la foule arrange les parents, pas l’enfant, à qui on donne une image de la société dans laquelle tout serait permis, surtout si les choses n’ont pas été expliquées avant. Mais encore une fois, il ne faut pas généraliser et reporter les choses dans leur contexte. Expliquer à l’enfant qu’il va manquer l’école parce que ses parents doivent partir en déplacement, en faisant les choses dans les règles et en prévenant l’école n’est pas la même chose que de partir du principe que « l’on fait ce qu’on veut ».

Finalement, dans le cas des enfants que l’ont fait grandir trop vite, le problème ne revient-il pas simplement à « nos enfants doivent s’adapter à nous parents, et pas l’inverse ? ».

Peut être qu’il s’agit d’autre chose au-delà d’une question d’adaptation. Il me semble que la question primordiale est celle des besoins de l’enfant que l’on doit faire cohabiter avec ceux des adultes, pour qui il s’agit bien plus souvent d’un désir que d’un besoin.

Cela dit il est vrai que la société et les exigences socio-professionnelles influent aussi sur la question du respect des rythmes de l’enfant et viennent brusquer parfois la prise en compte de leurs besoins… L’exercice d’équilibre n’est pas simple pour chaque parent. En tant qu’adulte, on peut exprimer verbalement nos frustrations et entendre celles des enfants. Le dialogue et le respect du vécu de chacun peut alors apaiser et favoriser les bonnes relations parents-enfants !


 
     
 


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