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Mois 1
La révélation !
Première semaine du mois d’août 2009, vacances au Cap d’Agde. Comme tous les mois, c’est l’attente mêlée d’un peu d’inquiétude : arriveront-elles ou n’arriveront-elles pas ? J’ai bien un petit pressentiment pourtant puisque j’ai embarqué avec moi un test de grossesse, bien au chaud dans mon nécessaire de voyage… Et en parlant de chaleur, il fait chaud justement. Trop même… On parle de canicule, bien sûr, mais j’ai quand même du mal à la supporter. Je pense à ce que j’ai lu à propos de la grossesse et à cette fameuse histoire d’hormones qui, dit-on, nous donnent des bouffées de chaleur… Alors, canicule ou hormones ??? L’attente me parait interminable.
A la fin de cette première semaine, je n’ai toujours pas mes règles et pourtant je suis sûre d’avoir bien calculé… Je me prends à rêver. Au gros ventre, au bébé… Mais si cette attente était déçue ? J’ai des douleurs dans le bas-ventre, inhabituelles chez moi, qui n’ai jamais mal. J’ai lu que ça pouvait être l’embryon qui se fixe. Je croise les doigts aussi fort que je peux…
Deux jours passent. Je constate que les aréoles de mes seins ont pris de l’ampleur, avec de petites protubérances. C’est un autre symptôme caractéristique d’un début de grossesse. Et ce n’est pas moi qui le dit, c’est dans mon livre ! Alors c’est forcément vrai. Et dans ma tête, c’est de toute façon une certitude : je suis enceinte !
Reste à convaincre mon compagnon, le futur papa donc, de faire le test de grossesse. « Attends la fin de la semaine, c’est trop tôt… » me dit-il. Mais cela me paraît interminable. Mentalement, je compte le nombre de jours. Je ne tiendrai jamais. Alors je le tanne. Et à force de persuasion, j’arrive à le convaincre, et je fonce aux toilettes avec le précieux sésame. A la sortie, plus de doute : une belle croix (au lieu d’un trait) est apparue dans la petite fenêtre et confirme mes certitudes !
Nous nous regardons, souriants, mais nous restons prudents. Une première fausse-couche m’incite à rester sur mes gardes…
La confirmation : il y a bien « quelqu’un là-dedans » !
De retour de vacances, j’attrape mon téléphone et prends un rendez-vous pour une première échographie chez ma gynéco… S’il y a une mauvaise nouvelle, autant l’apprendre tout de suite. Rendez-vous est pris pour la semaine suivante, le soir.
Toute la journée qui précède, je suis stressée. Mais je n’en laisse rien paraître : je travaille et je n’ai pas mis mes collègues au courant. Autant j’étais impatiente d’y être il y a quelques jours, autant plus l’heure approche, moins j’ai envie de savoir. Mais il faut partir. Je prends ma voiture pour parcourir la trentaine de kilomètres qui me séparent de la clinique. Et les questions se bousculent dans ma tête : et si la grossesse ne pouvait pas se poursuivre ? Et si c’était bon, quel stress pendant les trois mois, souvent critiques. Je tapote mon volant, ressassant dans ma tête les questions à poser au docteur.
Enfin j’arrive dans la salle d’attente bondée… Que les minutes semblent longues…
J’essaie de lire quelques magazines pour tromper l’attente. Mais impossible de me concentrer… Et le cœur qui bat à 100 à l’heure… Pour ne rien arranger, j’apprends que la praticienne est « sur deux accouchements » et que les retards de consultation s’accumulent. Bon, je vais devoir prendre mon mal en patience, mais là, très honnêtement, les autres, je m’en fiche un peu ! Tout ce que je veux, c’est monter sur cette fichue table d’auscultation et savoir !!! Accouchement ou pas accouchement, il devrait être là, mon docteur ! C’est mon docteur après tout ! Je tente de discuter un peu avec les patientes autour de moi, mais on ne peut pas dire que ça m’aide des masses ! D’autant que parmi elles, il y en a évidemment qui exhibent devant moi leurs gros bidons et se caressent le ventre à tout va ! Des patientes sont là depuis le milieu de l’après-midi, et il est déjà 19 heures ! Je discute avec les autres femmes, histoire de passer le temps. Et peu à peu, la salle d’attente se vide.
Finalement, à 21 h 30, je franchis la porte du cabinet, anxieuse. Je m’allonge sur la table d’échographie, le cœur battant. C’est l’instant de vérité… Et là, sur l’écran, apparaît un minuscule trait dans une poche, de 5 mm ! La gynéco essaie d’écouter les battements de cœur et j’entends le bruit caractéristique de la locomotive : 122 battements par minute ! Il y a bien un embryon ! Je sauterais bien en l’air de joie mais je n’ai qu’une hâte, c’est de rentrer à la maison pour annoncer à mon compagnon la bonne nouvelle.
Le « cachou », comme il l’appelle, va vite grandir… j’en suis déjà à 4 semaines de grossesse, la fin de mon premier mois.
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