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jeudi 29 juillet 2010 - Fête(s) du jour
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Ma douce attente…
Le journal d’une grossesse Par Virginie Laurier
 

Après un an d’attente, ça y est, me voilà lancée dans la grande aventure de la maternité. Neuf mois d’une douce attente, partagée entre exaltation et inquiétudes… Voici donc, au fil des mois, mes doutes, mes angoisses mais aussi mes joies et mes ravissements…sans oublier mes découvertes avec une petite pointe d’humour !

 

 

 

    Mois 1
  Mois 2
  Mois 3

     
 
Journal de grossesse, Top bébé Webzine © Top-Bébé

 

Mois 2

Mais tu ne bois pas d’alcool… ?

Après ce début de mois d’août 2009 riche en émotions, c’est l’heure de revenir au travail. Je me suis promis de ne rien révéler à mes collègues ni à mon chef avant la première échographie. Mais qui dit été dit apéros en tous genres… et impossible d’y couper ! Premier acte chez une de mes collègues, qui fait sa crémaillère. Nous sommes tous attablés dans son jardin, profitant de la chaleur de la soirée d’été. Je compte sur les boissons sans alcool qui seront certainement proposées à l’apéritif pour passer relativement inaperçue. Manque de chance, ma collègue propose un seul apéro pour tous : une soupe de champagne. Avant qu’elle ne soit servie, je la rejoins dans la cuisine et lui demande, embarrassée, si elle n’a pas du jus d’orange. Elle ouvre des yeux grands comme des billes. Mais elle n’est pas folle, la guêpe. Je lui ai déjà parlé du projet « bébé », alors, elle devine tout ! Et me lance, sur un ton des plus humoristiques : « Tu ne vas boire que du jus d’orange, alors ? ». Ben oui, quoi… Non pas que sa petite soupe n’ait pas l’air franchement délicieuse et rafraîchissante, mais j’ai déjà commencé à potasser ma bibliothèque du « tout savoir sur votre grossesse » et je sais bien que le « Zéro alcool » est prôné ! Pour moi-même, je murmure un « Allez, ce ne sont que 8 petits mois et des poussières… Haut les cœurs, c’est pour la bonne cause », tout en lorgnant tout de même sur les verres de mes collègues… Et un apéro de passé, un !

Mais le répit est de courte durée. La stagiaire fête son départ. Nous sommes seulement quatre, et cette fois, difficile de passer inaperçue. Aucun moyen de me noyer dans la foule. Et il ne faut pas sortir de la cuisse de Jupiter pour se rendre compte rapidement que je suis la seule à boire du jus de fruits multivitaminé ! Très vite, les sourires en coin se font sentir. Personne ne dit un mot mais le message semble être bien passé. En gros, je suis grillée. Et comme je ne veux pas donner d’excuse « bidon » - c’est le cas de le dire -, je laisse couler… mais le secret est de plus en plus difficile à garder !

Grosse fatigue et grosse inquiétude…

Je pense arriver à donner le change, mais le retour au travail s’avère plus difficile que prévu. Et notamment en milieu de journée où je ne rêve plus que d’une chose : de mon lit, si douillet, qui pourrait m’accueillir pour une petite sieste. Pour couronner le tout, moi la mangeuse-dévoreuse, je n’arrive plus à rien avaler. « Pas faim », clame mon cerveau tandis que mon estomac reste muet comme une carpe. Difficile dans ces conditions de faire le plein d’énergie, même si je m’efforce d’avaler le minimum, pour le « cachou ».

Mais enfin, mes quelques jours de repos syndicaux arrivent ! Je me dis que je vais pouvoir me poser un peu et ne penser à rien. Mais, à peine en congé, en rentrant du magasin bio où je suis allée faire quelques achats avec le futur papa, je m’aperçois en allant soulager ma vessie que, horreur, j’ai une tâche de sang dans ma culotte. Les idées noires se bousculent. La fausse-couche est la première chose à laquelle je pense. Je ne veux pas revivre le cauchemar de février dernier. Les larmes me montent aux yeux. Je sors des toilettes en pleurs. Et j’explique, entre deux sanglots, ce qui arrive à mon compagnon. Lequel, très pragmatique, me propose de manger avant d’aller à la clinique. Une partie de moi refuse mais une autre se laisse convaincre. Et voilà que je me retrouve à table, alors que je ne pense qu’à une chose : mon bébé.

Sitôt notre en-cas terminé, j’appelle le secrétariat de la gynécologue, lequel me renvoie vers les sages-femmes. Nous nous précipitons à la clinique, moi toujours en pleurs. Je suis comme un zombie. J’arrive dans la salle d’attente, où le temps me paraît interminable. Enfin, je suis prise en charge par une sage femme. Qui me regarde d’un air perplexe et se contente de me demander de combien de semaines suis-je enceinte. Je lui ferai bien manger le calendrier, mais je n’en ai même pas la force. D’une voix éteinte, je lui donne l’information qu’elle attend. « 7 semaines ». « Attendez ici, je reviens », me dit-elle simplement, avant de disparaître pour ne revenir qu’une demie-heure plus tard… et m’annoncer qu’on m’attend au bureau de ma gynécologue qui va me faire passer une échographie. A croire que personne n’est concerné par mon problème. Au total, cette histoire dure depuis une heure et demie !

Et nous voilà repartis dans l’autre sens, direction la salle d’attente archie pleine de mon docteur. Et pleine de quoi ? De femmes enceintes, avec leurs gros ventres qu’elles caressent amoureusement. Je pleure à chaudes larmes en me demandant si le cauchemar va s’arrêter. Je me sens seule, très seule…

Mais enfin, après une très très longue attente, c’est mon tour. J’explique en sanglots ce qui se passe. « Ne nous affolons pas », me dit juste la praticienne, comme si nous parlions d’un quelconque rhume. Quel manque d’humanité ! Pas un mot de réconfort, alors que j’en ai tant besoin… Résignée, je m’allonge sur la table d’examen. J’ai le cœur qui bat à plus de 100 à l’heure, j’ai l’impression que je vais me sentir mal. L’embryon apparaît sur l’écran « Il va bien, le cœur bat », me dit la gynéco. « 164 battements de cœur par minute » ! Quoi, c’est tout ? J’ai envie de sauter en l’air et mes sanglots cessent instantanément. Mais l’examen n’est pas terminé. Le médecin dirige sa sonde vers le placenta avant de m’expliquer que j’ai un petit décollement placentaire d’environ 10 mm. D’où les saignements. Dans ma tête, j’essaye d’imaginer ce que ça représente, mais je n’ai pas le temps d’arriver au bout de mes calculs qu’elle me prescrit un alitement jusqu’à notre prochain rendez-vous, trois semaines plus tard !

Si je suis rassurée pour le bébé, je commence maintenant à m’inquiéter pour mon emploi. Comment je vais expliquer cela à mon chef ?...

« Chef, j’ai un truc à vous dire… »

De retour à la maison, je prends le téléphone pour appeler mon chef. C’est inconcevable pour moi de ne pas lui dire la vérité. Donc je retiens mon souffle en écoutant les sonneries du téléphone. Enfin, il décroche. Je lui annonce de but en blanc : « Voilà, chef, j’ai une mauvaise nouvelle. Je suis en arrêt de travail jusqu’au 24 septembre. J’ai un décollement du placenta. Je suis enceinte. » « Félicitations ! » s’exclame-t-il au bout du fil. Et plaisante : « Même pas encore né, voilà qu’il te pose déjà des problèmes ! » « Repose-toi bien. Est-ce que je peux annoncer la bonne nouvelle à tes collègues ? » me demande-t-il. Je l’imagine presque sortant le champagne… Je lui assure qu’il peut le faire –qui ne le sait pas déjà de toute manière ?- et je raccroche, sourire aux lèvres. Pour enfin m’allonger sur le canapé, et y trouver une position confortable en vue des trois prochaines semaines…

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