
© IStock
Pouvez-vous nous présenter l’association Agapa ?
L’association a été créée il y a 17 ans par des personnes accompagnant des malades en fin de vie. Ces derniers exprimaient parfois des souffrances liées à des IVG antérieures. Les accompagnants ont pris conscience qu’il était nécessaire d’accompagner cette souffrance. Ils ont alors construit un parcours de soutien avec l’aide d’un psychiatre canadien.
Au départ, l’accompagnement était destiné aux personnes ayant vécu une IVG. Depuis, le champ d’action s’est élargi au deuil périnatal ou à la naissance. Notre vocation est de proposer un accueil, une écoute, un accompagnement de la souffrance provenant du deuil périnatal ou à la naissance.

© IStock
Qu’est-ce qui caractérise ces deuils ?
Ces pertes ne sont pas matérialisées, même si les soignants font de plus en plus en sorte de conserver la présence du fœtus ou du bébé (prise d’empreintes, photo). On conseille également d’organiser des obsèques si cela est possible.
C’est aussi, souvent, le premier deuil auquel sont confrontées des personnes qui sont dans une dynamique de vie. On doit faire le seuil d’une parentalité alors que l’on n’a même pas eu le temps d’être parent, d’autant plus que l’entourage ne reconnaît pas ces personnes comme parents. Il est désemparé face à cette tristesse. Nous avons beaucoup de témoignages qui évoquent des phrases maladroites comme « La nature fait bien les choses », « Ce n’est pas grave, tu en auras un autre »… qui minimisent la souffrance, pourtant bien réelle.

© IStock
Combien de personnes sont concernées en France ?
On estime le nombre d’IVG à 210.000 et le nombre d’IMG à 7.000. Avec le nombre de fausses couches et de morts fœtales in utero, on estime qu’une grossesse sur cinq n’arrive pas à son terme. Je tiens d’ailleurs à préciser que ce n’est pas parce que l’arrêt de la grossesse survient à son début que la souffrance est moins forte.
Comment aidez-vous ces personnes ?
Notre objectif est de les aider à se reconstruire, à reprendre confiance en elles, à ne plus être envahies par la souffrance, à faire en sorte qu’elles puissent avancer. Très souvent, les personnes viennent avec beaucoup de culpabilité, qu’il y ait IVG ou non.
La première étape de notre accompagnement est un entretien individuel dans lequel, souvent pour la première fois, la personne peut exprimer sa douleur et sa souffrance. À partir de cet entretien, nous proposons soit un accompagnement individuel, soit la participation à un groupe d’entraide.
L’accompagnement individuel consiste en un parcours d’une vingtaine de rencontres, une fois par semaine, ce qui équivaut à 4 à 6 mois de suivi. D’abord nous effectuons une relecture de l’histoire de la personne, ensuite les points forts de sa personnalité sur lesquels elle peut s’appuyer, puis le deuil et enfin comment vivre avec ce deuil.
Le groupe d’entraide est constitué de deux animatrices et de personnes en deuil, qui partagent leurs expériences.

© IStock
Comment sont formés les accompagnants ?
Nous sommes formés une semaine avec des accompagnants expérimentés, un psychiatre et un psychologue. Nous refaisons le parcours d’accompagnement personnalisé. Une fois formés, nous sommes supervisés par un psychiatre tous les mois. Nous pouvons également faire appel à lui si la personne a besoin d’un accompagnement plus poussé que celui d’Agapa.
Combien Agapa compte-t-elle d’accompagnants ?
Nous sommes 40 accompagnants actifs sur toute la France, un chiffre qui peut monter à 80 selon les demandes. Nous disposons d’antennes sur pratiquement tout l’ensemble de la France.
Comment l’association va-t-elle se développer ?
Nous avons quatre objectifs :
- Notre expansion en province,
- Le développement de notre communication, notamment sur le web,
- Le développement des groupes d’entraide,
- Le développement de notre présence en milieu médical. Nous sommes très implantés dans les groupements professionnels de sages-femmes. Nous souhaitons aussi mettre en place des formations pour les soignants confrontés au deuil périnatal.
Comment peut-on vous contacter ?
Via notre site www.agapa.fr ou au 01.40.45.06.36.

© IStock
|