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La Césarienne
Tout savoir de cette drôle de naissance
 

Dans certains cas, bébé devra voir le jour via une « procédure médicalement assistée ». Comprendre par là, le plus souvent, par césarienne. Parfois simplement avec l’aide de forceps ou d’une ventouse. Tout ça parce que bébé est trop gros et ne passe pas, parce qu’il tarde à voir le jour, parce que le déclenchement ne l’aide pas à sortir, parce que… Parce que, parfois, le médecin vous dit que ce sera comme ça et pas autrement. Quelles sont les raisons d’une césarienne ? Quelles en sont les conséquences, pour la mère, l’enfant, le père ? Qu’est-ce qui différencie une naissance par césarienne d’une naissance par voie naturelle. Le point avec Top Bébé et Heike Emery, sage-femme et éditrice de www.cesarienne.net

 

 


 

 

 Interview


     
 

Interview

 

Pour quelles raisons pratique-t-on une césarienne ?

Pour diverses raisons comme la souffrance fœtale en cours de travail (bébé supporte mal les contractions), l’échec de la provocation de l’accouchement, un bébé qui se présente en siège et qu’on a pas réussi à retourner par d’autres moyens comme la moxabustion ou l’acupuncture, une disproportion foeto-pelvienne (le bébé trop grand ou mal positionné par rapport au bassin), une malformation du bassin chez la femme suite à une maladie ou un accident, un placenta praevia (placenta qui couvre totalement ou partiellement le col de l’utérus), une patiente positive au VIH, une patiente atteinte d’un Herpès génital actif au moment de l’accouchement et évidemment les naissances multiples (en tout cas à partir de triplés, souvent déjà pour des jumeaux).

Qui décide de la césarienne ?

L’obstétricien, idéalement en accord avec l’avis de la sage-femme et les futurs parents, en dehors des situations de grandes urgences


La césarienne, Top bébé Webzine
  © IStock

Aujourd’hui, une mère peut-elle « exiger » la césarienne ?

Oui, certaines la demandent mais la proportion reste très faible (2 %) par rapport aux femmes qui suivent l’avis de leur médecin (60 %).

Quand se pratique la césarienne ?

Idéalement vers 39 semaines de grossesse parce que des études ont montré que le bébé est plus apte à faire face à la vie extra-utérine. Sinon, la césarienne peut être programmée dès 37 semaines, sauf pour les situations nécessitant une césarienne prématurée pour raisons médicales (éclampsie, poche rompue avant terme et risque infectieux, arrêt de croissance du bébé…).

Une césarienne est-elle toujours pratiquée sous anesthésie locale ?

En cas d’urgence extrême, une anesthésie générale est pratiquée pour gagner du temps, mais, en général, on préfère aujourd’hui une anesthésie loco-régionale (péridurale ou rachi-anesthésie) ce qui permet à la femme d’être consciente à l’arrivée de son bébé, d’entendre son premier cri et de le voir brièvement.

Quelles sont les tendances aujourd’hui ? Pratique-t-on plus de césariennes qu’hier ?

Le nombre a clairement augmenté depuis les deux dernières décennies. En 1985, on parlait d’un risque de 10 % d’avoir une césarienne, pour 202 naissances. En Suisse le taux était de 22,7 % en 1998 et en 2007 de 32,2 %, donc 1 enfant sur 3. En ce qui concerne les femmes qui accouchent en clinique privée, ce chiffre monte à 1 enfant sur 2 né par césarienne avec des différences importantes d’une région à l’autre. Ces chiffres viennent d’être publiés par la Fédération Suisse des Sages-Femmes lors d’un communiqué de presse national en décembre 2008.

Quelles sont les tendances européennes de la césarienne ?

La recommandation de l’OMS –Organisation Mondiale de la Santé- est un taux entre 10 et 15 %, y compris pour les grands centres de naissance (hôpitaux universitaires etc.) Des pays comme la Hollande (souvent citée en exemple également pour son taux d’accouchement à domicile de 30 %) ou la Tchéquie y arrivent tout en présentant d’excellents chiffres par rapport à la santé et de la mère et de l’enfant. C’est le seul facteur qui pourrait justifier un plus grand nombre de césariennes si par là on assurait une meilleure santé pour les mères et les bébés.

Après la naissance, qu’est-ce que la césarienne implique pour la mère ? Certaines femmes, par exemple, vivront la césarienne comme une frustration.

Tant, pour certaines femmes, la césarienne peut être vécue comme une délivrance au bout d’un travail interminable et épuisant, tant elle peut être mal acceptée pour toutes sortes de raisons comme un accouchement non-accompli par elle-même, une perte de contrôle et une prise en charge totalement médicale, le deuil d’un projet de naissance, la frustration, l’incompréhension de ce qui s’est passé, le vécu du cœur en décalage avec le vécu rationnel (indication médicale bien comprise et reconnaissance que la césarienne a peut-être sauvé la vie de la mère et/ou de l’enfant, mais sentiment de vide, de tristesse ….) La liste est longue et les témoignages publiés sur mon site en disent long. L’accueil du bébé au bloc opératoire dans des conditions tout sauf idéales, avec par exemple un contact peau-à-peau immédiat très restreint voire impossible, la séparation avec l’enfant qui sera suivi par l’équipe pédiatrique dans une autre salle, la première mise au sein retardée et souvent plus difficile rendent souvent la césarienne plus dure à accepter.

La césarienne, Top bébé Webzine
© IStock


Et pour l’enfant ?

En cas de césarienne programmée, le bébé n’est pas prêt du tout et ne reçoit aucun signe hormonal qui annonce sa prochaine naissance. Il est sorti du ventre de sa mère sans ménagement dans une lumière éblouissante, une température peu accueillante par des mains et des voix inconnues. Parfois, le bébé réagit par une réaction de choc et la respiration peut être plus difficile à cause du liquide qui encombre les bronches (syndrome des poumons mouillés qui engendre souvent une prise en charge en pédiatrie pour détresse respiratoire) D’ailleurs, le système immunitaire reste plus fragile et plus d’enfants présentent, à terme, de l’asthme.
En cours de travail, cela dépend de la raison de l’intervention. Si le bébé souffre du travail des contractions, l’intervention met un terme à ce problème et le pédiatre s’occupe d’aider le bébé à récupérer le plus vite possible.

Qu’en est-il du père ?

Pour lui, une césarienne en urgence est extrêmement stressante par le côté de la rapidité d’exécution, le manque de temps pour des explications et la peur pour deux êtres chers. Ensuite, le bloc opératoire est un terrain souvent inconnu et angoissant, combiné avec la peur de défaillir.

Mais, la césarienne qui met un terme à un long travail non-progressif, peut aussi être vécu comme un soulagement, mais le cadre général du bloc opératoire etc. persiste. Ensuite, le nouveau père se trouve souvent seul avec son nouveau-né, en attendant que sa femme sorte de la salle de réveil. C’est un moment privilégié et en même temps frustrant parce que la maman du bébé n’est pas présente.

Existe-t-il des risques durant une césarienne ? Est-ce un accouchement plus ou moins sécuritaire par rapport à la voie basse ?

Il existe les mêmes risques que ceux liés à toute intervention chirurgicale. On peut parler de thrombose, d’embolie, d’infection, de rupture de la cicatrice ou de problèmes lors de la cicatrisation. Evidemment, la convalescence est plus lente. Dans certains cas enfin, des complications plus sévères peuvent se produire, dépendamment de grossesses en particulier, comme l’insertion du placenta ou la rupture utérine, qui présenteront des risques pour la grossesse suivante. Enfin, les problèmes de fertilité jouent parfois un rôle, dans la mesure où une césarienne peut créer des difficultés à retomber enceinte. Selon la Fédération Suisse des Sages-Femmes, les accouchements par césarienne sont nettement plus risqués pour la santé de la mère et de l’enfant. Par exemple, deux fois plus d’enfants nés par césarienne doivent être transférés aux soins intensifs de pédiatrie et deux fois plus de mères doivent être ré-hospitalisées suite à une césarienne.

Quelles seront les conséquences d’une césarienne sur une seconde grossesse ?

Une augmentation du risque de subir une nouvelle césarienne, une difficulté à retomber enceinte, des complications par rapport à la cicatrice sur l’utérus et l’insertion du placenta. On recommande donc un espacement des grossesses dans ces cas-là, afin de permettre une meilleure cicatrisation et une guérison.


La césarienne, Top bébé Webzine
  © IStock

A-t-on un terrain physique ou génétique propice à la césarienne ?

Génétique, non. Disons que les terrains propices restent de l’ordre de la malformation du bassin ou de la déformation du bassin. Par contre, je sais qu’il peut y avoir certains contextes psychologiques qui favorisent la césarienne, comme pour les femmes ayant subi des abus sexuels.

Peut-on refuser une césarienne ?

Selon les circonstances, on peut en tout cas demander de tenter un accouchement par voie basse et de décider en cours de route, si la césarienne est vraiment nécessaire. Je vois trop de femmes à qui on propose une césarienne d’emblée pour « gros bébé » selon les ultrasons et qui ont finalement des bébés « standard », mais qui n’ont pas eu la chance d’essayer d’accoucher par voie basse. La peur engendrée par les moyens techniques et le « poids » des mots du médecin ont un très grand impact sur les futurs parents. Dans certains cas cependant, il est vrai que la césarienne est la seule voie possible pour avoir un bébé et une maman en bonne santé.

Pourquoi les tendances se renversent-elles et pourquoi revient-on aux accouchements par voie basse ?

Je ne crois pas qu’on puisse déjà parler d’inversement des tendances, mais j’espère que cela sera vrai dans les années à venir. Cela nécessite une prise de conscience de la part des futurs parents et du monde obstétrical.


La césarienne, Top bébé Webzine
  © IStock

Est-ce que l’ouverture d’esprit par rapport aux techniques d’accouchement –assise par exemple- ont pu être favorable à la réduction du nombre de césarienne ?

Il est clair que moins d’interventions telles que les provocations d’accouchement et la péridurale permettraient aux femmes d’abord de vivre plus simplement la naissance de leur enfant. Chaque intervention médicale peut en entrainer d’autres et faire de la naissance un évènement hautement médicalisé alors que la grande majorité des naissances devrait se passer sans problème. Pour mieux gérer les contractions plutôt que de les subir, il faut une bonne préparation (information, relaxation, respiration), de l’intimité, de la confiance et un accompagnement par une sage-femme, une pour chaque femme dans l’idéal et dans la continuité grossesse, naissance et retour à domicile, ce qui malheureusement est assez rare. Et c’est dommage, parce que de telles conditions permettent de diminuer la surveillance par monitoring continu et d’opter pour une surveillance intermittente qui favorise les positions d’accouchement plus physiologiques, c’est-à-dire plus dans la verticalité (accroupi, assis, debout, à genoux ou dans l’eau).

Qu’est-ce qui pourrait réduire le taux de césariennes ?

Une continuité dans la prise en charge de la femme enceinte du début de la grossesse jusqu’à la fin de l’allaitement par une même personne. Je pense particulièrement aux sages-femmes en ce qui concerne les grossesses physiologiques. C’est scientifiquement prouvé que le suivi par une seule personne réduit sensiblement les examens médicaux, la prise de médicaments et les interventions médicales. Le taux de satisfaction des femmes est également plus élevé, tout comme le taux d’allaitement sur une période plus longue.

Quel est l’avenir de la césarienne ? Son évolution médicale ?

La césarienne en tant qu’opération a déjà beaucoup évolué techniquement tout comme les anesthésies. Elle doit garder sa place comme « porte de secours » quand la vie de la mère et/ou de l’enfant sont en danger ou qu’un accouchement par voie basse s’avère impossible. De mon point de vue, on peut apporter beaucoup d’améliorations dans la manière d’accueillir l’enfant, de favoriser la création du lien entre mère, père et bébé et le démarrage de l’allaitement.

 

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